COP 21, l’engagement des principaux états

Un article du 31/10/2015, publié par l’Obs.fr, résume bien les enjeux de la conférence sur le climat de Paris. Je vous en livre les bonnes feuilles :

Contribution au réchauffement climatique :

 Les pays du Golfe (Arabie saoudite, Bahreïn, Yémen, Qatar, Koweït), Iran et Venezuela

Aucun pays du golfe n’a respecté la dead line et n’a, pour l’instant, rendu sa copie. Ces pays, largement dépendant des énergies fossiles, n’ont pas encore envisagé la diversification de leur économie. L’Arabie saoudite, responsable de 1,36 % des émissions de CO2 du monde, membre du G20 brille par son silence et son absence sur la photo de classe est très remarquée. Il faut dire que l’existence même de l’Arabie saoudite dépend de l’exploitation du pétrole : 95% de ses revenus sont tirés des hydrocarbures. Malgré la présence du soleil, les panneaux solaires n’ont pas encore trouvé preneurs.

Pour les mêmes raisons, on ne retrouve pas l’Iran (1.67% des émissions de CO2 dans le monde) ou encore le Venezuela (0.59 % des émissions de CO2 dans le monde).

Japon

  • Sa contribution au réchauffement.La péninsule pèse 3,59% des émissions de CO2 dans le monde.
  • Ses engagements. Tokyo, sixième plus gros émetteur mondial de GES, a annoncé un objectif de réduction des émissions à 26% seulement d’ici à 2030 par rapport à 2013.
  • Ses intérêts. La catastrophe de Fukushima n’a pas suffi au pays pour entamer sa transition énergétique. Le pays reste attaché au charbon comme source d’énergie, avec le nucléaire, mix jugé plus rentable. Et l’arrêt de plusieurs réacteurs après Fukushima a renforcé cette tendance.

Australie 

  • Sa contribution au réchauffement.L’Australie émet 1,14% des émissions de CO2 dans le monde.
  • Ses engagements.L’un des premiers pollueurs par habitant, à cause de sa dépendance au charbon, a promis de réduire ses émissions de 26% d’ici à 2030 par rapport à son niveau de 2005.
  • Ses intérêts.L’ancien Premier ministre libéral, Tony Abbott avait bien dit que le charbon était «bon pour l’humanité» et que le changement climatique était «une connerie absolue». La contribution australienne est parmi la plus faible des pays développés. Pourtant, les Australiens subissent une météo de plus en plus extrême, marquée par des périodes de sécheresse et des cyclones plus fréquents et violents. Mais les intérêts économiques passent avant : le minerai est à l’origine de 70% de l’électricité en Australie et représente le deuxième poste d’exportation du pays.

Russie

  • Sa contribution au réchauffement.Elle est responsable de 4,94% des émissions de CO2 dans le monde.
  • Ses engagements. La Russie s’est fixée de réduire de 20 à 25% les émissions de GES d’ici à 2030, par rapport au niveau de 1990.
  • Ses intérêts. «Feux de tourbières, fonte du sol gelé des régions arctiques, apparition de cratères en Sibérie avec émanation de méthane, pertes de récoltes colossales dues à la sécheresse… La Russie commence à ressentir l’impact du réchauffement de la planète», souligne le site Novethic. Selon l’École des hautes études en sciences économiques de Moscou, les pertes économiques liées au changement climatique pourraient représenter entre 200 et 700 milliards de dollars par an d’ici quelques années. Mais pour l’instant pas question de toucher aux exportations de gaz, alors même que le pays est durement frappé par les sanctions européennes.

Turquie 

  • Sa contribution au réchauffement. La Turquie émet 0,89 % des émissions de CO2 dans le monde.
  • Ses engagements. La Turquie a annoncé vouloir baisser ses émissions de 15% par rapport à la tendance actuelle d’ici à 2030.
  • Ses intérêts.La Turquie a complètement tourné le dos aux énergies renouvelables. Soucieuse de sa croissance, gourmande en électricité, le pays a investi dans la construction de centrales thermiques à charbon pour réduire sa dépendance. La part de ce combustible le plus polluant devrait tripler alors qu’Antalya, pour la première fois de son histoire, accueillera le sommet du G20 les 15 et 16 novembre, en prélude à la COP21…

Canada 

  • Sa contribution au réchauffement. Le Canada émet 1,58% des émissions de CO2 dans le monde.
  • Ses engagements. Le pays propose de réduire ses émissions de 30% par rapport à 2005 d’ici à 2030.
  • Ses intérêts. Le Canada est montré du doigt comme le mauvais élève de la lutte contre le réchauffement climatique et traîne des pieds. En cause : ses réserves mondiales de brut, qui le place au deuxième rang grâce notamment aux bassins de sables bitumeux (mélange de bitume, de sable d’argile et d’eau constituant un pétrole lourd), produits dans la province de l’Alberta. Le pays fournit ainsi 70% du pétrole et du gaz sur le territoire.

Inde

  • Sa contribution au réchauffement. L’Inde pèse 5,78% dans les émissions mondiales de CO2.
  • Ses engagements.Quatrième émetteur mondial de GES, l’Inde a promis, de réduire son «intensité carbone» (qui mesure les émissions de dioxyde de carbone par point de PIB) entre 33 % et 35 % d’ici à 2030 par rapport à son niveau de 2005. Mais le géant asiatique n’a pas dévoilé d’objectif chiffré. Concrètement ? L’Inde compte surtout sur les énergies renouvelables pour faire preuve de sa bonne volonté : ces énergies devront représenter 40% de son électricité d’ici 2030.
  • Ses intérêts. La contribution peine à convaincre. L’Inde, qui abrite la cinquième plus importante réserve de charbon dans le monde, produit 60% de son électricité à partir de cette matière première. Le pays prévoit de doubler sa production de charbon d’ici à 2020 à plus d’1 milliard de tonnes afin de satisfaire son économie, qui connaît une croissance de 7%.

Brésil 

  • Sa contribution au réchauffement. Il pèse pour 1,31% dans les émissions mondiales de CO2.
  • Ses engagements. Réduire de 37% ses émissions de GES d’ici à 2025 et de 43% d’ici à 2030 par rapport à 2005.
  • Ses intérêts. L’économie du Brésil est massivement dominée par l’agriculture, ce qui a pour conséquence une déforestation massive. Ces dernières années, les politiques suivies de baisse de déforestation ont permis de considérablement réduire les émissions de CO2. Le Brésil se laisse 15 ans pour arrêter la déforestation illégale, Trop tardif,

Chine

  • Sa contribution au réchauffement. La Chine est le premier pays pollueur de la planète avec 24,32% des émissions de CO2.
  • Ses engagements. Pékin se fixe comme objectif d’atteindre le pic de ses émissions de CO2 autour de 2030, tout en s’efforçant de l’atteindre au plus tôt. La Chine a également annoncé la baisse de son intensité carbonique de 60-65% par rapport à 2005 d’ici 2030, de porter la part de ses énergies non-fossiles à environ 20% et d’augmenter son stock forestier d’environ 4,5 milliards de mètres cube par rapport à 2005. Sa contribution s’inscrit dans la continuité de l’accord historique conclu avec les Etats-Unis en novembre 2014.
  • Ses intérêts. La Chine a attendu d’étouffer dans un nuage de pollution pour se résoudre à prendre ses responsabilités, cessant de rejeter la faute sur les puissances occidentales. Confrontée à une société civile de plus en plus sensibilisée aux enjeux climatiques et à un ralentissement de son activité économique, Pékin veut jouer sur les deux tableaux : assurer la stabilité de son régime en donnant des gages à l’opinion et investir dans des secteurs propres : voitures électriques, énergies renouvelables, nucléaire… Sa force : elle pollue depuis bien moins longtemps.

Etats-Unis

  • Leur contribution au réchauffement. Ils sont le deuxième plus gros pollueur du monde derrière la Chine, avec 14,94% d’émission de CO2.
  • Leurs engagements.Barack Obama a mis un coup d’accélérateur inattendu ces derniers mois pour inverser la tendance. Désormais, l’objectif affiché est d’atteindre une réduction des GES entre 26% à 28% en 2025 par rapport à 2005.
  • Leurs intérêts. Après plusieurs années d’attentisme, et avant de quitter la Maison Blanche, le président des Etats-Unis est résolu à laisser un héritage politique sur la question du climat. Des premiers pas encourageants mais pas suffisants tant les Etats-Unis ont pris du retard.

L’Union européenne

  • Sa contribution au réchauffement. L’UE est responsable de 11% des émissions mondiales de CO2.
  • Ses engagements. Les 28 pays de l’UE se sont engagés à réduire de 40% leurs émissions d’ici à 2030, de 50% d’ici à 2050 par rapport aux niveaux de 1990 et de 100% d’ici à 2100.
  • Ses intérêts. En tant que puissance mondiale, l’engagement de l’UE est d’abord une manière de faire pression et d’être une force d’entraînement pour les autres pays. Et le succès de la COP 21 repose sur ses propres engagements. L’UE ne pouvait pas faire moins. Mais elle pourrait aussi faire plus en matière d’énergies renouvelables, d’efficacité énergétique des véhicules et des bâtiments.

Bhoutan 

  • Sa contribution au réchauffement. Le pays est neutre en carbone.
  • Ses engagements. Il s’engage à rester neutre en carbone et à s’assurer que ses émissions de GES ne dépassent pas la capacité d’absorption de ses forêts. Le pays souhaite parvenir également à une agriculture 100 % biologique.
  • Ses intérêts.Minuscule pays enclavé entre la Chine et l’Inde, le Bhoutan est exposé à la fonte des glaciers. Le débordement des lacs en altitude peut provoquer des inondations et des glissements de terrain. Le pays est un modèle en son genre : il a opté pour la transition énergétique en 1972. Il est connu pour avoir remplacé le PIB par le BNB : le Bonheur national brut qui prend en compte des facteurs non-économiques, dont la préservation de l’environnement.

Ethiopie 

  • Sa contribution au réchauffement. Elle est responsable de seulement 0,02 % des émissions mondiales de CO2.
  • Ses engagements. Le pays se fixe un objectif de réduction des émissions de GES à 64% d’ici à 2030 par rapport à l’évolution prévue en cas de politique inchangée. Auparavant, le pays s’était déjà engagé à être neutre en carbone.
  • Ses intérêts.Addis-Abeba importe en totalité les énergies fossiles. Par ailleurs, la dégradation des sols agricoles, liée à l’érosion est devenue un problème majeur. Pour assurer son indépendance énergétique, le gouvernement a depuis plusieurs années engagé une transition écologique impressionnante : plan de reforestation, méga-barrages hydroélectriques, fermes éoliennes, champs de panneaux solaires et géothermie.

Maroc

  • Sa contribution au réchauffement.Il est responsable de 0,15 % des émissions de CO2 dans le monde.
  • Ses engagements.Le pays a mis en avant un objectif national de réduction des émissions de GES de 13% pour 2030 par rapport à 2010. Un objectif qui pourrait s’élever à 32% avec une aide financière du Fonds vert pour le climat. Concrètement ? Le Maroc avait déjà annoncé la fin des subventions pétrolières. Le développement des énergies solaire et éolienne est lancé, notamment dans le Sahara.
  • Ses intérêts.Le Maroc veut s’afficher comme le leader régional en matière de climat. C’est le premier pays arabe et le deuxième pays africain (après le Gabon) à faire son offre pour la COP21, et il devrait accueillir la COP22. Le royaume défend aussi des intérêts intérieurs : il est vulnérable aux risques d’inondations, très dépendant de l’agriculture, très peu doté en énergies fossiles mais potentiellement très riche en éolien et en solaire.

Costa Rica

  • Sa contribution au réchauffement.Il est responsable de 0,02 % des émissions mondiales de CO2.
  • Ses engagements. Il envisage une neutralité carbone d’ici à 2020 grâce notamment au captage des émissions de CO2 par ses forêts. Le pays souhaite aussi réduire les émissions de GES pour retrouver en 2021 les volumes de 2005. Pour atteindre son objectif, le président du Costa Rica, Luis Guillermo Solis, mise sur la construction d’un train électrique interurbain et sur la réduction du nombre de voitures dans la zone de San José, comme il l’a expliqué au «Monde». Son plan est le plus ambitieux d’Amérique latine.
  • Ses intérêts. Le Costa Rica est un petit pays mais fait figure d’élève modèle, devenu laboratoire pour bon nombre d’observateurs. Il a réussi à offrir une électricité 100% sans carbone grâce à ses ressources naturelles, notamment à sa forte activité volcanique. Situé sur l’isthme centraméricain, baigné par les océans Atlantique et Pacifique, le Costa Rica est particulièrement exposé au risque de dépressions, ouragans, pluies intenses et sécheresse, affectant l’agriculture.